La théorie de l'urinoir

Publié le par Pierre P

Cela fait longtemps que je congite sur le sujet sociologique de l'urinoir.  Alors je vous livre mon analyse de l'endroit, après quelques années d'expérience, de relevés statistiques et surtout une certaine idée de notre attitude au pipi-room.

Je suis assez convaincu que selon notre ordre d'entrée dans la salle des toilettes collectives masculines, et selon notre propre opinion sur notre personne, nous choisissons une place réfléchie. Les WC seraient donc un endroit où la personnalité de chacun s'exprime de manière réfléchie ? Oui, en vérité je vous le dit, oui.

Voyons la situation lors de notre arrêt à la station essence Total. Il est est à noter que nous préférons cette marque pour sa propreté, et l'image sécurisante que la publicité a fabriqué dans nos petites têtes. AGIP est à ce titre plutôt le parent pauvre de l'essence.
Lors de l'entrée dans les WC, on bref regard circulaire nous indique les disponibilités et en un clin d'oeil, nous savons où nous postionner. Et là, plusieurs cas (les principaux):

1. Le précieux qui a une haute estime de soi: s'il est seul, il va à l'urinoir. Lorsqu'un intrus entre et perturbe sa concentration, il a naturellement un mouvement de rapprochement vers l'urinoir et il sort au plus vite de cet endroit. S'il y a une seule autre personne en action lors de son entrée, il va dans les cabines. Il préfère affronter la saleté du lieu confiné à l'exposition populaire. Il n'oublie pas de prendre quelques feuilles de papier pour essyuer son siège avant de faire ne serait-ce que pipi.

2. L'hidalgo fier de son corps: il est costaud, beau -c'est ce qu'il pense-, il préfère se placer au centre de l'urinoir, pour que tout le monde l'admire. Il peut aussi comparer son appreil à celui du voisin de gauche et de droite avec fierté. Il a le privilège d'avoir deux voisins de par sa position centrale. A l'opposé celui qui est complexé ne s'expose pas, essaie de se camoufler et pense qu'en ayant l'air décontracté, son complexe va s'estomper et qu'il va enfin pouvoir faire pipi sans avoir à se concentrer pendant deux heures. Comme la dernière fois.

3. Le détendu qui plane au dessus de mon étude sociologique: il vient dans cet endroit pour se soulager.  Il est rapide, précis, concentré  et discret. C'est celui qui a l'air sympathique, un peu comme nous -c'est ce que l'on pense-. En fait, il est concentré sur autre chose (son voyage, son travail, ses problèmes..) d'où sa détente somme toute relative en réalité.

4. L'intrus non désiré: il endosse tous les costumes que chacun de nous s'imagine comme représentation du méchant. Il peut donc être trop mal ou trop bien habillé, trop moche ou trop beau, trop jeune ou trop vieux, il peut parler notre langue avec un vocabulaire inconnu ou parler une langue étrangère supsecte (ce qui est notre cas si l'on va dans une station service en roumanie par exemple). Il peut aussi sentir mauvais d'un peu partout. Dans tous les cas, il provoque une accélération générale de tous les pensionnaires des toilettes ou une concentration de regards sombres sur son dos. Jamais sur son visage.

5. Le pas très organisé: il arrive comme un courant d'air il est a véritablement une forte envie de se soulager. Il vient dans les WC en urgence, court ensuite payer la pompe, se souvient avoir mis ses lunettes de soleil quelque part, et vu ses enfant s'enfuir dans l'air de repos. A l'inverse, le très organisé, retraité ou parisien structuré, arrive dans les toilettes en patron, a déjà sorti son appareil avant même de se postionner sur le tarmac, et est capable d'uriner avec une seule voire aucune main. Tout est automatisé, bien huilé. Pas une goutte ne filtre sur le caleçon: il secoue son organe avec une certaine cadence jusq'uà épuration du canal urniaire.

6. Le stratège qui se croit plus malin: selon son ordre d'arrivée, il se place avec précision. Il connaît les personnalistés des autres et en profite. Par exemple, arrivé en premier, il va tout au fond car il sait que le prochain blaireau va aller à l'autre extrêmité (c'est obligatoire, mathématique, quelque soit la personnalité du nouvel entrant, vous pourrez vérifier) car il est fénéant.  Si ces deux places extrêmes sont prises, il va au milieu, à côté d'un pareil que lui ou d'un plus faible. Voilà comment procède le calculateur; il a une position spéciale à chaque situation. Il est vif, et prend plus de temps que les autres à s'installer.


Ces personnalités sont extrêmes. Nous sommes composés d'un assemblage de ces dernières avec une dominante. Ces personnalités ne sont pas affectées par aucune position sociale.
A noter que je n'ai pas souhaité parler des flatulences en milieu commun, ce sujet méritant une analyse très fine qui doit être réalisée à part.
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Publié dans Forum défouloire

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G
je suis d'accord sur le sujet des flatulences, lorsque je suis dans ce type de toilettes, je m'empresse de péter, fort si possible, pour marquer mon territoire. et je regarde l'autre d'un air dégouté pour faire croire que c'est lui
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